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Zéro Déchet Touraine

27/02/2019 - La Nouvelle République: "Ecologeste : en Indre-et-Loire, haro sur le jonchement sauvage"

Revue de presse – mercredi 27 février 2019

Pendant un an, l’antenne locale de la Surfrider Foundation effectue une caractérisation des déchets sauvages sur une zone de bord de Cher. Les premiers relevés sont édifiants (© Photo NR).

Les berges de la Loire et du Cher, les aires de promenade, les bords des routes sont jonchées de déchets. Des associations environnementales se mobilisent.

Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site de la Nouvelle République.

Neuf bouteilles en plastique, cinq gobelets en carton du fast-food implanté à moins d’un kilomètre, 19 canettes de bière en verre, 49 emballages de barre chocolatée, une manivelle, 152 morceaux de plastique, un manteau, six emballages de médicament, une facture de l’entreprise d’en face…
Un inventaire qui n’a rien de poétique sur les rives du Cher. En moins d’une heure, sur un espace de 100 m2, les quatre bénévoles de la Surfrider Foundation ont collecté 9 kg de déchets. Autant, à peu de choses près, que le mois précédent, au même endroit.
Le relevé mensuel réalisé par l’antenne locale de l’association environnementale pour « caractériser l’atteinte au milieu aquatique due aux déchets sauvages », dans le cadre de l’opération Riverine Input est édifiant. « Cela fait dix ans que l’on fait des opérations de ramassage, et c’est toujours pareil, déplore Sylvain Jégorel, président de la section locale de Surfrider Foundation. Le discours sur les déchets a peut-être changé… mais pas les comportements. »
« Les motivations des “ joncheurs ” sont plus complexes que l’on imagine », souligne Sébastien Moreau, président de l’association Zéro Déchet Touraine, venu en soutien sur le « spot » d’étude de la Surfrider Foundation. Une observation scientifique des « joncheurs » réalisée par l’association sur des sites publics d’Indre-et-Loire a par exemple établi que les dépôts sauvages étaient commis en majorité par des personnes en situation d’attente ; que la présence de poubelles, même proches, n’empêchait pas l’abandon de détritus au sol – plutôt de petite taille – mais qu’en revanche, le « joncheur » était attentif à son environnement et pourrait donc être accessible à une signalétique de prévention.
De site en site, les associations environnementales arrivent toutes à la même conclusion : les zones accessibles, surtout en voiture, sont envahies de déchets. Comme les berges de la Loire et du Cher, a constaté Sylvain Jégorel. « Les ronds-points, les sorties d’autoroutes, ou certains endroits du lac des Bretonnières aussi », ajoute Sébastien Moreau. Les forêts et les villes ne sont pas épargnées, peut constater empiriquement le premier promeneur venu.
Des berges jonchées de déchets Joignant l’action à l’inspection, plusieurs associations, et même des groupes de citoyens, organisent des opérations de nettoyage. Au moins une dizaine ont été officiellement organisées en 2018 en Indre-et-Loire. A chaque fois, plusieurs dizaines de volontaires armés de gants, de pinces et de sacs-poubelle arpentent les aires naturelles, mais aussi les zones urbaines. A chaque fois, plusieurs dizaines de kilos de détritus sont collectés.
« Ramasser les déchets des autres a ses limites, surtout si les sites sont repollués après coup : l’idée est d’agir en amont », soutient Sébastien Moreau. C’est ce que fait la Surfrider Foundation en répercutant les informations récoltées sur l’état des rives et des plages jusqu’au Parlement européen. C’est ce que fait l’association Zéro Déchet Touraine en interpellant les collectivités. C’est ce que font la Ligue de protection des oiseaux, des étudiants en environnement ou encore l’Association des chasseurs de gibier d’eau en s’associant à des collectes à vocation « pédagogique ». Parce qu’une armée de « Shadocks » qui nettoient ne vaudra jamais un déchet que l’on garde dans la poche, au moins jusqu’à la poubelle la plus proche.


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