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Zéro Déchet Touraine

04/05/2019 - La Nouvelle République: "Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : "Nous avons subi une attaque de la police"

Revue de presse – samedi 18 mai 2019

Les manifestants ont continué de recevoir des grenades de gaz lacrymogène alors qu'ils tentaient de repartir vers le boulevard Saint-Marcel (© Photo Sébastien Moreau).

Sébastien Moreau, universitaire tourangeau, était présent lors de la manifestation du 1er Mai ce mercredi à Paris. Il témoigne et assure que la foule s'est introduite dans l'hôpital à cause d'une "attaque" de la police.

Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site de La Nouvelle République.

"Les gens voulaient se mettre à l'abri". Sébastien Moreau, enseignant chercheur en biologie des organismes et président de Zéro Déchet Touraine est catégorique : les manifestants qui sont entrés dans l'hôpital de la Pitié-Salpétrière mercredi 1er mai à Paris n'étaient pas hostiles.

Le Tourangeau, qui a déjà participé à des manifestations de Gilets jaunes et indique se "reconnaître" dans le mouvement, avait décidé pour la Fête du Travail de faire l'aller-retour à Paris dans la journée.

"J'étais dans le cortège qui précédait le cortège syndical" raconte-t-il. Alors que la CGT s'arrête au niveau de Port Royal, les manifestants poursuivent leur route boulevard Saint-Marcel puis boulevard de l'Hôpital, vers la place d'Italie, point d'arrivée de la manifestation.

L'air était irrespirable et tout le monde cherchait une échappatoire

"C'était une foule de citoyens et de Gilets jaunes, l'ambiance était très bonne et festive". Arrivé à hauteur de La Pitié-Salpêtrière, tout près donc du point d'arrivée place d'Italie, le cortège est stoppé. "Il y avait un barrage de police à mi-hauteur du boulevard de l'hôpital. A une cinquantaine de mètres de moi, je voyais un camion équipé d'un canon à eau."

Les manifestants s'accumulent devant le barrage de police. Pour autant, assure Sébastien Moreau, aucune violence ne vient de la foule alors que "plus les minutes passaient et plus nous étions serrés".

Plusieurs grenades lacrymogènes sont alors tirées par les forces de l'ordre. "C'était la panique générale", raconte le Tourangeau qui, malgré son masque, est brûlé par le gaz. "Mais les gens ont fait preuve de sang froid : certains hurlaient "ne courez pas!", "ne poussez pas!", "mettez-vous sur les côtés du boulevard". L'air était irrespirable et tout le monde cherchait une échappatoire".

"C'était un sauve-qui-peut général"

"Quelqu'un a enjambé une barrière et je me suis retrouvé avec d'autres sur le parking du site universitaire de la Pitié-Salpêtrière. Il y avait des gens en pleurs, des familles, des enfants. J'ai entendu que le portail d'entrée était secoué par des gens qui voulaient se mettre à l'abri. Il n'y avait pas d'hostilité. Si, à ce moment-là, les portes de l'hôpital avaient été ouvertes nous aurions été des milliers à nous y refugier". Selon Sébastien Moreau, il n'était pas indiqué qu'il s'agissait d'un service de réanimation.

Le Tourangeau fait alors demi-tour, renonçant à atteindre la place d'Italie. En repartant vers le boulevard Saint-Marcel, il subit à nouveau des tirs de gaz lacrymogène, comme le montre cette vidéo qu'il nous a communiquée.

Son retour à Tours est amer face à ce qu'il qualifie d'"attaque policière". "C'était une souricière", assure-t-il, bien qu'il témoigne aussi de violences de certains groupes, "habillés en noir qui progressaient à l'intérieur du cortège".

"On s'est vraiment sentis en danger. J'infirme totalement la théorie d'une attaque" de l'hôpital, insiste-t-il. "Je reviendrai plus déterminé que jamais dans les manifestations de Gilets jaunes, car il ne s'agit plus simplement de réclamer la justice sociale et fiscale, mais de défendre pied à pied nos libertés fondamentales."

Léa AUBRIT

Journaliste, service des informations générales, Tours


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