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Zéro Déchet Touraine

Haies artificielles, alerte à la pollution!

On aime ailleurs… – samedi 13 avril 2019

Anne Pagé, habitante d'Azay-sur-Cher attire notre attention sur une nouvelle pollution insidieuse provoquée par les haies artificielles: des millions de petits morceaux de plastique s'en échappent au bout de quelques mois et polluent les sols environnants.

Zéro Déchet Touraine s'associe à son combat pour faire connaître ce nouveau risque environnemental, largement négligé jusqu'à présent.

Une pollution insidieuse, quasiment invisible, envahit silencieusement nos espaces ruraux et urbains.

De loin on ne distingue que des haies proprettes, séparant les terrains des néoruraux qui veulent vivre à la campagne comme à la la ville: pas de feuilles qui tombent à l'automne et qui viennent « salir » les « belles » allées en béton, bien rectilignes, qu'ils s'échinent au printemps à décaper au Karcher avec de l'eau potable, rien à tailler...

Mais en s'approchant, on peut mieux visualiser ces brises-vues en plastique, vert pétant, constituées de millier de lamelles en PVC, illusion moderne des thuyas, un « trompe couillon » en quelque sorte...

Malheureusement, toute médaille ayant son revers. Ces haies artificielles, soumises au aléas climatiques, finissent elles aussi par perdre leurs fausses aiguilles, qui s'envolent au gré du vent, puis viennent tapisser les sols, s’enfonçant inexorablement dans la terre. Une pollution plastique non biodégradable, invisible, à moins de s'agenouiller et de scruter le sol. Toute la difficulté réside dans le fait de faire le distinguo entre herbe et lamelles.


Moi-même j'étais ignorante sur la question. Mais en mai 2017, de nouveaux voisins, bille en tête et sans m'avertir, ont coupé la belle haie de chèvrefeuille que j'avais plantée avec l'accord de mon ancien voisin, pour la remplacer par ces brises-vues en plastique sur une longueur de 32 mètres. Ils ont même insisté pour que je déracine les pieds sur mon terrain, pour éviter une repousse certaine. Mais bon, les goûts et les couleurs étant propres à chacun, il n'y avait pas grand chose d'autre à faire que de m'exécuter pour avoir la paix.

L'hiver a passé. Au printemps des centaines de lamelles sont venues polluer mon jardin et mes buttes de permaculture, sur lesquels pas un produit chimique n'a été utilisé en 22 ans! Ça m'a pris un temps dingue de les ramasser une à une, et il a fallu recommencer et recommencer, jusqu'à remplir 3 sacs de supermarché en un an!

Renseignements pris auprès de la communauté de communes, il aurait fallu une déclaration préalable pour l'installation de cette clôture. De plus le matériaux n'était pas autorisé en zone classée (zone UA), secteur sur lequel se situent nos deux propriétés. Un vague espoir, enfin, la réglementation était de mon côté!
S'en est suivie une plainte en mairie, sans résultat, le maire considérant le problème comme un simple conflit de voisinage. Puis un passage par le médiateur, sans résultat là encore : « Ils tiennent à leur haie, ils ne comprennent pas... ».
Un an plus tard, n'en pouvant plus de ramasser régulièrement ces bouts de plastiques, j'ai fait venir un huissier, puis j'ai réalisé, au pied levé, une petite vidéo. Comme je ne suis pas présente sur les réseaux sociaux, mes amis se sont chargés de la diffuser.


Dépassant mes petits intérêts personnels j'ai décidé de faire interdire ces haies artificielles sur tout le territoire français. J'ai effectué une saisine auprès du ministère de l'écologie, contacté l'association des maires de France, les députés d'Indre et Loire, les sénateurs écologiques, la préfète d'Indre-et-Loire, la communauté de communes Touraine-Est Vallée, certaines associations écologistes, certains médias, et contacté toutes les grandes marques de magasins de bricolage et de jardinage pour qu'ils cessent de vendre ce produit.

Zéro Déchet Touraine, très réactive, m'a recontactée tout de suite. La Nouvelle République (merci à elle) a très vite répondu à l'appel en rédigeant un article sur le sujet.


Suite à l'article (ça aide), deux députés m'ont répondu qu'ils soutenaient mon combat contre les haies artificielles et le porteront à l'Assemblée nationale à l'occasion de futurs débats. France télévision m'a donné le contact de la rédaction de l’émission "Cash investigation". La préfète aurait contacté le Maire. En effet, contrairement à ce que pense ce dernier, c'est de la responsabilité de la commune de remédier à ce problème en faisant retirer cette haie installée sans autorisation, qui plus est, en zone
classé UA, ce qui constitue une infraction.


J'ai reçu nombre de témoignages de particuliers qui, en toute innocence, ont investi dans ces haies artificielles et qui se sont aperçus de la pollution engendrée à court terme. Les choses avancent donc doucement, mais avant qu'une loi soit votée, il peut se passer un certain temps... Néanmoins chaque Maire peut mettre en place un arrêté interdisant les haies artificielles, les tissus tendus, mais également les structures composées de lames occultantes en PVC, de plus en plus populaires, comme l'a fait la ville d'Olivet.


N'hésitez donc pas à interpeller vos élus.

Anne Pagé

Pour contacter Anne Pagé, envoyez-nous un message à contact@zerodechettouraine.org et nous lui transmettrons.


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